Laurence Vlasman
Psychologue clinicienne et psychanalyste à Versailles
Laurence Vlasman
Psychologue clinicienne et psychanalyste à Versailles

Une nouvelle psychologie

Un Français sur trois a déjà fait appel à un psy. Il semblerait qu’aller chez le psy soit entré dans les mœurs ces dernières années.

En 2001, deux tiers des patients venus consulter étaient des femmes, tandis qu’aujourd’hui un homme sur quatre consulte un psychologue ou un psychanalyste.

Par ailleurs, la consultation auprès des jeunes a fortement augmenté. Les adolescents n’ont plus peur (ni honte) de consulter.

Parallèlement, l’on assiste aussi à une augmentation des consultations de personnes ayant la trentaine, confrontées à des problématiques de « remaniements » touchant aussi bien leur situation professionnelle que leur vie de couple.

Par ailleurs, l’on ne consulte plus seulement pour soi mais aussi pour ses proches.

En outre, la psychologie touche, de nos jours, tous les milieux et toutes les catégories socioprofessionnelles.

 Au-delà des troubles cognitifs et psychopathologiques, les motifs pour lesquels des patients demandent une prise en charge ont nettement évolué. En effet, à l’heure actuelle, les patients ne consultent pas seulement pour soigner un trouble psychique, mais aussi pour formuler une demande de conseil.

Plus que jamais, l’exercice de la psychologie doit donc s’articuler autour d’une grande connaissance des mécaniques psychiques, mais aussi d’une compréhension élargie d’un monde dans lequel  la souffrance sociale est de plus en plus marquée, tout en considérant la singularité du patient dont l’histoire est unique.

Pour toutes ces raisons, la psychologie est à réinventer car assurément, elle est devenue un enjeu de société. Elle ne peut plus se permettre de se replier sur elle-même et se doit d’être intégrative au regard de la complexité que représente un être humain.

D’autre part, la psychologie doit intégrer des champs divers où il est indispensable de créer des passerelles entre la recherche scientifique et l’analyse clinique, mais également entre les champs de la médecine et celui de la connaissance de la psyché, ou si l’on préfère, entre le cognitif  et l’affectif.

Par delà chaque cas, l’enjeu du soin psychologique est devenu un enjeu de santé publique. D’ailleurs, en 2020, les troubles psychiques seront la deuxième cause mondiale d’incapacité (1)

La conclusion est que la psychologie doit aussi se questionner sur l’éthique qu’elle doit adopter au contexte et aux réalités actuelles, attendu que, comme le souligne le philosophe canadien Charles Taylor : «  L’éthique, ce n’est pas seulement ce qu’il est bien de faire mais ce qu’il est bon d’être. »

Enfin, la psychologie doit aussi remettre en question certains points qu’avance le code de déontologie, et se demander s’il est toujours pertinent, compte tenu de l’évolution des mentalités et du désir des patients, de maintenir la neutralité entre le psy et le patient. En effet, l’on peut supposer qu’aujourd’hui, le véritable levier thérapeutique est celui d’un psychologue/psychanalyste qui s’engage pleinement avec son patient, et qui ose prendre des risques.

D’ailleurs, le métier de psy est, en soi, un métier à risques. Les thérapeutes doivent prendre le risque de s’engager, de se tromper, de se confronter à la réalité.

En cela, il paraît pertinent de repenser la psychologie pour créer un modèle thérapeutique qui se veuille davantage « à l’horizontale » et non plus seulement à la verticale, où patient et soignant collaborent ensemble.

En dernier lieu, la psychologie moderne doit être humaniste, chercher à être au plus près des patients mais elle doit aussi se montrer créative.

1. Rapport sur la santé dans le monde, Organisation mondiale de la santé, 2001.


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